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AGREAL : un neuroleptique en question
Enquête de Frédéric Boisset
Après la crise des THS, en 2002, des dizaines de milliers de femmes se reportent sur l’Agréal, un neuroleptique du laboratoire Sanofi-Aventis efficace contre les bouffées de chaleur de la menopause, mais qui provoque des effets secondaires plutôt gênants...
- De graves effets secondaires
- En France, une enquête quasi-clandestine
- L’Espagne suspend, la France maintient
- Thérèse Schmidt s’envole pour l’Espagne
- Les ultimes pressions de SANOFI-AVENTIS
- Agréal suspendu dans toute l’Europe
De graves effets secondaires
En 2005, Agréal est suspendu par les pouvoirs publics espagnols qui soupçonnent le medicament de provoquer de graves effets secondaires.
En France, une enquête quasi-clandestine
En France, en revanche, le médicament est toujours sur le marché. S’estimant victime de ses effets secondaires, une patiente française, Thérèse Schmidt écrit aux pouvoirs publics. En avril 2006, l’AFSSAPS lui révèle que deux ans auparavant, les autorités sanitaires françaises ont discrètement lancé une grande enquête sur les effets neuro-psychiques de l’Agréal. l’AFSSAPS repère 54 cas de dépression et des problèmes de tremblement (syndrome parkinsonien) potentiellement liées à une prise trop prolongée d’Agréal.
L’Espagne suspend, la France maintient
Mais alors que l’Espagne suspend le medicament, en France, l’AFSSAPS se contente de demander au laboratoire de préciser aux médecins et aux pharmaciens qu’Agréal peut provoquer des syndromes parkinsoniens, des syndromes de sevrage et des syndromes anxio-dépressifs. Autre restriction: le neuroleptique ne doit pas être prescrit plus de trois mois.Or selon le docteur Françoise Haramburu, responsable du centre de pharmacovigilance de Bordeaux, “une durée de traitement aussi courte ne permet pas de régler les problèmes de bouffées de chaleur que peuvent avoir les femmes à la menopause”.
Du coup, certains médecins continuent à prescrire Agréal trop longtemps… et les conséquences sont grave pour les patientes mal informées.
Thérèse Schmidt s’envole pour l’Espagne
En Espagne, plusieurs patientes s’étant vu prescrire Agréal ont obtenu de la justice que SANOFI-AVENTIS soit condamné à les indemniser pour “défaut d’information”. Le laboratoire français a fait appel. Au printemps 2007, Thérèse Schmidt, la patiente française s’étant plaint d’Agréal auprès des pouvoirs publics, s’envole pour Barçelone à la rencontre des plaignantes espagnoles.
Les ultimes pressions de SANOFI-AVENTIS
En juin 2007, embarrassé que notre enquête soit sur le point d’être diffusée sur Canal plus, la direction de la communication de SANOFI-AVENTIS ainsi que deux représentants de l’agence Euro-RSCG (Dont Ramzi Khiroun, par ailleurs chargé de communication de Dominique Strauss Kahn) demandent à nous rencontrer à l’agence de presse CAPA, à Paris.Ils exercent d’ultimes pressions pour pouvoir visionner l’enquête de Frédéric Boisset et menacent de réclammer des dommages et intérêts à la justice si notre reportage entraîne une baisse significative du Chiffre d’affaire realise par Agréal.
En outre, Sala Mahyaoui, directeur de la communication produits de SANOFI-AVENTIS, change d’avis: il souhaite finalement s’exprimer dans notre reportage pour rappeller que Agréal conserve un “rapport bénéfice-risques favorable”.
Agréal suspendu dans toute l’Europe
17:05 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, médicament, agreal, ménopause, neuroleptique, sanofi aventis, depression
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